Fascination pour l‘orgue

 

 

Manufacture d'orgues Th. Kuhn SA, 1977

Orgue neuf

Sommiers
sommiers à coulisses
Traction
mécanique
Tirage des jeux
électrique
Inauguration
28.08.1977
Expert
Victor Frund u.a.
Harmonisation
Kurt Baumann

Composition


www.orgelbau.ch/opf=112350

Luzern

V/P/81

Suisse, Lucerne
Hofkirche St. Leodegar

© photos Orgelbau Kuhn AG, Männedorf

Manufacture d'orgues Th. Kuhn SA, 1977

Orgue neuf

Sommiers
sommiers à coulisses
Traction
mécanique
Tirage des jeux
électrique
Inauguration
28.08.1977
Expert
Victor Frund u.a.
Harmonisation
Kurt Baumann

Un orgue mondialement connu

Suite à un incendie dévastateur en l'année 1633, la Hofkirche fut nouvellement érigée, dans un style baroque. Après avoir eu deux orgues de choeur (1637-1642), elle a pu abriter sur sa tribune ouest un orgue aux proportions monumentales pour l'époque, construit entre 1640 et 1652, comprenant deux claviers et pédalier avec 42 jeux sonnants. C'est le maître facteur d'orgues Johann Geisler de Salzbourg qui l'avait construit avec un projet émanant de son homonyme, Niklaus Geisler de Lucerne. Sa particularité subsiste toujours: il a en façade le plus gros des tuyaux de Montre existant, le premier do du Principal 32 ' (longueur 970 cm, diamètre 57cm).

Outre de nombreuses interventions et modifications, dans les années 1867-1862 une transformation radicale suivit, effectuée par Friedrich Haas. Il modifia cet orgue baroque pour en faire un orgue de concerts, romantique. Le Positif séparé a été supprimé, les sommiers à gravures ont été remplacés par des sommiers à cônes avec une nouvelle traction mécanique munie de machines Barker, un clavier d'Echo (Fernwerk) situé dans les combles de l'église a été ajouté. Il ne restait simplement de l'ancien orgue que son buffet imposant, avec sa tuyauterie de façade, et environ une quinzaine de jeux. En particulier, tous les jeux gambés et harmoniques ainsi que les anches furent des jeux neufs. Le «reconstructeur» a été triomphalement félicité, tout comme le constructeur, maître Geisler, l'avait été plus de deux siècles auparavant. La biographie de l'orgue ensuite se réduit. En 1895 la maison Goll l'a pneumatisé puis électrifié en 1942. «L'Orgelbewegung» avait bien fait sentir que les spécialistes n'auraient bientôt plus d'intérêt pour de tels instruments, alors que les traditionnels concerts évoquant le célèbre «Orage» s'oubliaient de plus en plus. C'est ainsi que des plans se sont élaborés après 1970 avec une dure polémique qui s'élevait: les uns voulaient revenir à l'état de 1652, les autres retrouver celui de Haas et d'autres ne voulaient faire effectuer que des réparations. C'est finalement la majorité qui a eu gain de cause, voulant prudemment avancer pour faire faire un orgue contemporain avec cependant l'obligation de conserver toute la substance existante provenant de l'instrument baroque, et d'intégrer partiellement dans le nouvel orgue des éléments du 19ème siècle, encore utilisables. Cette conception trouvait aussi l'accord des Monument Historiques.

Dès ce moment notre rôle principal a été de finaliser un projet aussi technique que concret, tenant compte des idées de base, des désirs. Le Positif serait reconstruit même sur une tribune en balustrade ne retrouvant pas ses dimensions originales. L'emplacement des trois claviers manuels et de la Pédale ne serait pas strictement dicté par des données historiques, mais par l'espace nécessité par de nouveaux sommiers à coulisses à traction mécanique. Le Vème clavier, l'Echo (Fernwerk) serait retravaillé dans un sens restauratif. Ce clavier possède maintenant toujours son sommier à cônes, mais sa traction a été électrifiée. Le travail le plus difficile, à côté du choix des tailles fut celui de l'harmonisation. Il fallait créer une ambiance sonore homogène à partir de ce qui appartenait à l'époque baroque de 1662, à l'état romantique de 1862, à l'apport de jeux modernes, compléments de 1977.

En 2001, un ajout s'est fait pour l'Echo. Trois jeux à anches libres entreposés depuis 1977 et qui provenaient de l'orgue de Friedrich Haas datant de 1862 ont été replacés dans son espace sonore, son canal de résonance. Il s'agissait d'un Physharmonica 8 ', d'une Clarinette 8 ' et d'un Basson 16 '. Ces trois jeux ont été disposés sur un nouveau sommier à cônes dans une boîte d'expression séparée agissant en parallèle avec celle de l'autre sommier de ce clavier, avec de même une traction électrique. Le Basson est jouable à la Pédale (30 notes) et les autres jeux sur le Vème clavier. Les jeux ou partie des jeux qui n'ont pas été utilisés en 1977, provenant de Geisler ou de Haas, sont entreposés dans les combles de l'église.


Friedrich Jakob, 2006

Traduction: Paul Cartier

Documentation:

Die Grosse Orgel in der Kirche zu St.Leodegar im Hof Luzern, zur Einweihung der restaurierten Orgel im Jahr 1977, publication de la paroisse catholique romaine de Lucerne, 1977.


Composition


www.orgelbau.ch/opf=112350